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Révolutions du transport et de la logistique : les nouvelles technologies au service de l’industrie 4.0

03 décembre 2019

Aujourd’hui, nous posons trois questions à deux experts logistique dans un entretien croisé sur les révolutions du transport et de la logistique : les nouvelles technologies et l’industrie 4.0.

Découvrez ce que, Thierry Almès, Manager Innovation Senior chez GEFCO, et Vincent Champain, Président, services Europe & Manager General chez GE Digital , pensent à propos des enjeux actuels de l'industrie 4.0 avec les technologies futures appliquées à la logistique.

La robotique et les mécanismes autonomes changent-ils vraiment la performance dans les transports et la logistique ?

Thierry Almès: Oui. Ce sont des leviers de performance majeurs. Ainsi, les navettes autonomes qui amènent en boucle, sur les sites industriels, des pièces du centre de stockage sur les chaînes d’assemblage augmentent la productivité des lignes de production. Dans le transport routier, des tests de convois de plusieurs camions autonomes connectés entre eux se suivant automatiquement appelés « platooning », ont permis de réduire de 5 % à 15 % la consommation de carburant par rapport aux camions individuels. Ce qui réduit les dépenses de carburant et accroît la performance du transport. Dans les entrepôts, les robots qui aident à la préparation de commandes ou les chariots autonomes de manutention, plus légers et flexibles que les grands systèmes automatisés, permettent de s’adapter à la variation de la demande.

Vincent Champain: Oui. On peut facilement suivre chaque colis, et être informé sur les statuts successifs des opérations de transport (chargement, en cours d’acheminement, déchargement, livraison). Le conducteur de poids lourd est « augmenté » par la technologie, qui lui permet d’optimiser ses tournées. En connaissant les conditions météorologiques, le parcours et les conditions de circulation, on peut lui indiquer quand accélérer et quand ralentir pour aller de A à B en un temps donné mais avec 4 % de carburant en moins. Le manutentionnaire, est lui aussi « augmenté » par des robots de plus en plus faciles à programmer ou semi-autonomes. Sa productivité est accrue, et on peut lui éviter des tâches pénibles ou dangereuses.

 

L’IoT est un défi dans la plupart des secteurs d’activités. Quel impact a-t-il sur la qualité de service dans les entreprises du secteur des transports et de la logistique ?

T.A.: Grâce à des capteurs intelligents placés sur les actifs de transport (camions, emballages…) qui envoient régulièrement, via un réseau de télécommunication dédié, des informations sur la position et l’état des actifs, l’IoT apporte aux entreprises une visibilité en temps réel de leurs flux de marchandises et de l’utilisation de leurs moyens de transport. Cette traçabilité des flux permet d’améliorer la qualité de service sur les livraisons BtoB et BtoC. De la même façon, tracer dans l’entrepôt tous les actifs (colis, bacs, palettes…) sur les process de préparation de commande ou d’expédition entraîne une meilleure qualité de livraison des commandes passées par les entreprises ou les consommateurs.

V.C.: L’IoT permet d’avoir plus de visibilité sur les flux de marchandises, que ce soit en amont entre l’usine et l’entrepôt ou en aval entre l’entrepôt et le magasin. Les capteurs peuvent être placés sur des conteneurs et informer en temps réel sur leur état (chocs, température…) ou leur position. Ils sont de plus en plus intelligents : pour 2$ vous pouvez disposer de l’équivalent de la puissance système qui a mis le premier homme sur la lune. Plus prévisible, la chaine logistique permet de mieux valoriser la flexibilité « aval » et « amont », par exemple en permettant aux usines de mieux répondre aux variations de la demande des magasins, ou au magasin d’ajuster leurs promotions en fonction de l’état des usines.

 

Les entreprises internationales ont un besoin croissant de flexibilité. Comment les transports et la logistique peuvent-ils contribuer à ce défi ?

T.A.: La recette est de digitaliser le pilotage des flux de marchandises pour faciliter le partage d’actifs entre transporteurs et d’informations entre chargeurs et transporteurs à travers des plateformes numériques collaboratives. Et d’utiliser l’IoT pour suivre les flux en temps réel. Ces deux technologies apportent davantage de flexibilité aux acteurs du transport et leur permettent donc de mieux accompagner leurs clients internationaux pour répondre à la variabilité de la demande. De même, un bon partage d’informations donne la possibilité aux logisticiens de jouer sur les capacités de stocks pour les ajuster sur la variation de la demande à laquelle doivent répondre leurs clients internationaux.

V.C.: La logistique est un rouage essentiel des supply chain mondiales. Pour livrer les clients en juste-à-temps, la logistique doit être de plus en plus flexible et prévisible, pour s’adapter aux variations de la demande, à celles des conditions de transport ou à l’état des infrastructures. Elle doit être un élément d’un processus dont toutes les phases sont connectées - par exemple pour permettre de déplacer ponctuellement la production vers une usine d’une zone où le vent souffle et où l’énergie renouvelable (qui ne se stocke pas) est abondante. Et réduire à la fois ses coûts et son empreinte écologique, grâce à la flexibilité de sa logistique !

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